Le mythe de la femme de ménage
Dans les années 60 les courants d'opinion du féminisme contenaient une forte connotation pour réformer le mariage pour retourner à l'égalité. Par exemple, les hommes étaient exhortés à effectuer les tâches domestiques et à partager une plus grande responsabilité dans l'allaitement des enfants. En résumé, on ne plaidait pas pour l'abolition du mariage, simplement pour une transformation.
Une nouvelle théorie de la femme de ménage était trouvée. Pour les féministes, le mariage et la famille se sont inextricablement retrouvés liés à la propriété privée, à la structure de classes, et au mode de production. Autrement dit, la famille était un aspect du capitalisme.
Au 19ème siècle, l'industrialisation a apporté, toutefois, une séparation entre la maison et le travail productif et a provoqué un transfert du travail des hommes de la maison ou de l'exploitation agricole aux usines. Les femmes sont restées à la maison. Ainsi les hommes sont arrivés à dominer la scène publique et les femmes ont été confinées au domaine privé. Bien qu'il y avait aussi quelques femmes dans les usines, elles recevaient un paiement plus petit et leur indépendance était illusoire.
Avec l'avènement du capitalisme à grande échelle, on disait que les femmes étaient reléguées aux rôles d'effectuer l'allaitement, la manutention des hommes, et l'acquisition de biens de consommation. Les mères offraient une génération de travailleurs pour les capitalistes. Les maîtresses de maison, comme femmes de ménage, maintenaient à la force de travail des hommes en nettoyant et en cuisinant.
Pour les féministes, la tâche domestique est une expression directe de l'oppression des femmes par l'homme et de l'exploitation du capitalisme. Comme tel, le travail familial est excessif. En effet, le concept féministe dit que le capitalisme est un processus par lequel ceux qui possèdent les moyens de production payent des salaires aux travailleurs (ceux qui produisent des biens qui valent plus que les salaires payés). La valeur en excès des salaires payés est appelée "la valeur excessive du travail" et ce dernier est absorbé par les capitalistes comme un profit (immérité du point de vue féministe). La valeur excessive de la tâche domestique est que cette dernière permet le travail des hommes. Et le travail des hommes est le profit non mérité que le capitalisme absorbe.
Avec cette phrase économique de la tâche domestique et de la famille traditionnelle comme bastions du capitalisme on trouve d'autres accusations. Par exemple, on dit que les maîtresses de maison sont maintenues dans un isolement qui encourage la violence domestique. Et de cette manière le nouveau mythe apparaît : les mères qui restent à la maison sont des femmes oprimées, qui sont tellement endommagées psychologiquement qu'elles sont prêtes à craquer sous la pression. Comme victimes isolées de la société des hommes, il est compréhensible qu'elles éprouvent des épisodes pendant lesquels elles tuent leurs propres enfants. De fait, elles expriment leur condition de victimes, laquelle est restée sans être reconnue par la société.